Le rugby a donné à Zikhona la confiance nécessaire pour ne pas tenir compte de ce que les gens peuvent dire ou penser d'elle. Et cette force, elle souhaite la transmettre aux jeunes d'Afrique du Sud et d'ailleurs.
Zikhona a été personnellement concernée par l'impact positif que le rugby peut avoir sur la vie des gens, elle qui a commencé à chausser les crampons à l'âge de 15 ans dans le township de Langa au Cap.
Aujourd'hui âgée de 19 ans, elle entend faire du rugby un outil pour aider les jeunes à se tenir à l'écart des problèmes et des menaces que représentent la violence des gangs, la criminalité et la drogue.
« Je pense que le rugby les aidera. Il les empêchera de traîner dans la rue et de faire des bêtises, et il les aidera à se sociabiliser avec les autres », assure Zikhona à World Rugby.
« C'est important parce que les gangs et les jeunes qui fument de la drogue sont de plus en plus nombreux aujourd’hui dans nos rues.
« Donc, si en rentrant de l'école les jeunes se rendent sur le terrain, puis rentrent à la maison ensuite, ils n'auront pas le temps de faire ces choses.
« Quand ils commenceront, ils ressentiront l'énergie du rugby et l'amour qu'ils reçoivent des autres, ce qui les incitera à retourner tous les jours sur le terrain pour s'impliquer dans le rugby », ajoute-t-elle.
« Personne ne m'arrêtera »
Zikhona a eu la chance de goûter à cet amour, lorsqu’elle a été initiée au rugby par une amie à l'âge de 14 ans.
D'abord refroidie par la peur de se faire plaquer – « je pensais que ça ferait mal » - Zikhona a été conquise par la camaraderie qui régnait au sein de l'équipe des Busy Bees qui joue dans sa localité.
« Faire partie de l'équipe est très important parce que c'est là que l'on apprend à faire attention aux autres, à impliquer tout le monde et à devenir une famille », dit-elle.
« Je voyais comment ça se passait lorsque les joueuses marquaient un essai et le bonheur qu'elles éprouvaient au milieu des autres, c'est pourquoi j'ai voulu jouer moi aussi. »
Inspirée par ce qu'elle avait vu, Zikhona a commencé à jouer pour le lycée Isilimela et, avec son amie, elle a commencé à recruter d'autres jeunes filles de la région pour former la première équipe de moins de 16 ans des Busy Bees.
Cela reste l'une des réalisations dont elle est la plus fière et c'est ce qui lui a ouvert les yeux sur les avantages que le rugby pouvait apporter à la collectivité.
« Le rugby m'a donné confiance en moi », affirme Zikhona. « Si j’ai autant confiance en moi par rapport à ce que je fais sur le terrain, c'est parce que j'aime le rugby.
« C'est en ce sens que je me sens Inarrêtable, parce que personne ne m'arrêtera si j'ai confiance en ce que je fais.
« Personne ne m'arrêtera. Ce qu'ils disent, ce qu'ils racontent, ce qu'ils font ne m'arrêtera pas. »
Zikhona a ensuite joué deuxième-ligne avec l'équipe U18 de la Western Province, dont elle est devenue la vice-capitaine, et a depuis été appelée dans l'équipe d'élite féminine senior. Et là encore, elle a continué à faire du rugby un outil pour aider les autres.
L'année dernière, elle a par exemple commencé à distribuer des colis alimentaires avec ses coéquipières aux autres joueuses des Busy Bees qui avaient du mal à trouver de l'argent pour payer leurs courses en raison de l'impact de la pandémie de Covid-19.
« Beaucoup de gens ont perdu leur emploi, si bien qu'au sein de certains foyers, il était difficile de faire des courses. C'est pourquoi nous avons souhaité venir en aide à nos coéquipières.
« C'était très positif et motivant car elles étaient très heureuses d'être aidées par leur équipe au sein de leur foyer. »
L’inspiration venue de Nolusindiso Booi
C'est ce sentiment d'appartenance à la communauté et cet esprit de solidarité qui ont amené Zikhona à se lancer dans le rugby, et c'est ce qui lui permet aujourd'hui de rester attentive pour profiter au maximum des opportunités qui s'offrent à elle.
Elle décrit le fait d'avoir la confiance de ses coéquipières, que ce soit en la soulevant lors d'une touche ou en l'aidant à pousser en mêlée, comme « exaltant » et il est clair qu'elle renvoie toute l'énergie qu'elle reçoit.
Sur un plan plus personnel, Zikhona nourrit l'ambition de représenter l'Afrique du Sud à la Coupe du Monde de Rugby et de suivre l'exemple de son modèle, Nolusindiso Booi, qui a participé à deux éditions.
C'est en effet Nolusindiso Booi que Zikhona a bien observée lorsqu'elle faisait ses premiers pas à Isilimela et aux Busy Bees, en regardant des vidéos de la deuxième-ligne internationale pour en tirer des enseignements.
« Elle est celle qui m'a inspirée », confie Zikhona. « Chaque fois que je voulais savoir quelque chose sur le rugby, je regardais des vidéos de ses entraînements pour pouvoir faire la même chose qu'elle.
« Parce qu'elle a représenté notre pays, elle a joué pour l’Afrique du Sud et elle a également mené l’équipe ; c'est ce que je veux faire moi aussi. »
Zikhona a eu l'occasion d'apprendre directement au contact de Booi en tant que coéquipière cette année, lorsqu'elle a été sélectionnée dans l'équipe senior de la Western Province.
« Elle était là pour me pousser à faire de mon mieux pendant les entraînements et nous motiver, moi et les autres joueuses, à ne jamais abandonner », raconte la jeune Inarrêtable.
« Cela fait partie des choses qui m'ont inspirée chez elle pour être mon modèle. »
Compte tenu de ce que Zikhona a réalisé au cours des trois années qui se sont écoulées depuis qu'elle a fait ses premiers pas sur un terrain de rugby, il est facile de comprendre pourquoi elle est si confiante dans la poursuite de ses objectifs.
Sa détermination à concrétiser les projets qu'elle s'est fixés, tant pour elle-même que pour la collectivité, transparaît lorsqu'on lui demande quels conseils elle donnerait aux jeunes femmes et aux jeunes filles qui envisagent de se mettre au rugby.
« Elles doivent faire ce qu'elles veulent et ne pas se soucier de ce que les gens disent à propos de leurs rêves ou de leur avenir », insiste Zikhona.
« Elles doivent avoir confiance en elles et être déterminées à atteindre leurs objectifs. »
Il ne faudra pas être surpris si, dans les années à venir, d’autres jeunes femmes visionnent des vidéos de Zikhona pour progresser à leur tour…
Initiée au rugby par une amie à Langa, au Cap, Zikhona a d'abord été réticente à jouer car elle craignait que les plaquages lui fassent trop mal.
Cependant, après avoir apprécié l'esprit d'équipe qui régnait parmi les joueurs des Busy Bees qui participaient aux compétitions dans sa localité, elle s'est convaincue d'essayer le rugby.
À 15 ans, Zikhona a commencé à jouer pour la Isilimela High School et, avec l'amie qui lui avait fait découvrir le rugby, elle a recruté suffisamment de coéquipières pour mettre sur pied la première équipe féminine de moins de 16 ans des Busy Bees.
Positionnée comme deuxième-ligne, Zikhona a commencé à regarder les vidéos de l'internationale sud-africaine Nolusindiso Booi et a été sélectionnée pour jouer dans l'équipe U18 de la Western Province, dont elle est devenue la vice-capitaine.
Zikhona s'est régalée de la camaraderie de ses nouvelles coéquipières, gagnant leur confiance et leur rendant la pareille en aidant à livrer des colis alimentaires aux personnes dans le besoin pendant la pandémie de Covid-19.
Elle est convaincue que le rugby peut être utilisé comme un outil de changement dans sa communauté et souhaite transmettre son amour du jeu à d'autres personnes afin de les éloigner des rues et des problèmes.